L’agriculture biologique

Mes parents constatent très tôt les méfaits de l’agriculture chimique appelée aujourd’hui « agriculture conventionnelle ». Ils s’interrogent sur cette agriculture promue par les écoles agricoles, les syndicats et les pouvoir publics. Ils constatent qu’elle entraine la disparitions des agriculteurs, de l’agriculture familiale et de tout son patrimoine matériel et immatériel : disparition des races animales et végétales régionales, destruction du bocage, mépris pour les savoir faire traditionnels, etc. Ils sont témoins des dégâts qu’elle occasionne sur les sols et surtout sur la santé des animaux d’élevage. Ils sont conscient très tôt, dès les années 1950 que l’avenir radieux que promet cette agriculture moderne, productiviste et chimique ne sera pas au rendez-vous. Ils découvrent l’agriculture biologique au début des années 1960 et en particulier la méthode Lemaire-Boucher. En 1967, ils adoptent cette méthode d’une grande modernité et deviennent des pionniers de l’écologie et de l’agrobiologie.

Article de Raymond GODEFROY, Agriculture et Vie, décembre 73 – janvier 74
Semoir pour épandre les engrais biologiques à base de lithothamne appelé « Pulvérosème » , entièrement conçu et réalisé par Raymond GODEFROY, dans son atelier à la Cour. Début des années 1970.
Cliché, archives de la ville d’Angers, 4fi 1873.

Méthode agrobiologique Lemaire-Boucher…

Article de Jean-François Lemaire publié dans Bio-linéaires de nov.-dec. 2014

Mais qu’est-ce donc que cette méthode ?

C’est un mode cultural spécifique, étudié, conçu et mis au point par les professeurs Raoul Lemaire et Jean Boucher pour la réalisation d’une agriculture n’utilisant pas d’engrais ni de produits chimiques de synthèse. Ce type d’agriculture, appelée agriculture biologique, férocement attaquée à ses débuts par les tenants officiels de l’Agriculture devait finalement être reconnue en 1981.Une brochure éditée en Octobre 1971 par la Sté S.V.B Lemaire sous le titre « Un nouveau type d’agriculture en France» nous en dit les principes essentiels.

Selon nous, la fertilité du sol est avant tout une question de vie microbienne qu’il faut développer au maximum par l’application des quatre points suivants :

1°) l’ameublissement profond du sol sans son retournement

Le renversement des couches du sol par les charrues à versoirs est défavorable à la flore microbienne aérobie (de surface) et anaérobie (de profondeur). C’est pourquoi nous remplaçons le labour classique par un ameublissement sans retournement, parfaitement réalisé par un appareil appelé « Fouilleuse ».

Premier modèle « la fouilleuse » sorti en 1968. Celui-ci fera l’objet de nombreuses améliorations au cours des années suivantes avec la sortie des séries Actisol toujours en fabrication et en service aujourd’hui.

2°) le compostage de la fumure organique
Si l’on part d’une matière brute correctement préparée et stockée, cette opération déclenche une très vive fermentation chaude de la matière organique brute, qui aboutit à l’obtention d’une matière assainie de haute valeur fertilisante. Le fumier composté est un véritable levain bactérien qui déclenche un accroissement de vie dans le sol, générateur de fertilité naturelle.

3°) les associations végétales

Nous préconisons des rotations de culture faisant une très large place aux légumineuses, moyen d’assurer soi-même la nourriture azotée des futures. Cultiver des légumineuses, c’est également créer un climat favorable à la vie : protection des insectes utiles, lutte contre les mauvaises herbes, humification de la matière végétale mure, formation d’hormone de croissance. C’est pourquoi, nous associons des légumineuses à toutes les cultures et plantations qui peuvent s’en accommoder.

4°) le Lithothamne des Glénans.

Cette algue est un végétal marin riche en Calcium, Magnésium et Oligo- éléments. Pêchée vivante et micro-pulvérisée avec beaucoup de précautions pour ne pas la brûler, elle se révèle être, par son origine organique et marine, un activateur bio-catalytique doué d’un pouvoir antiviral puissant (qu’elle doit en grande partie à son magnésium). L’utilisant sur le sol à des doses relativement faibles, son action rééquilibrante permet aux plantes et aux animaux d’élevage de retrouver santé, résistance et fécondité. Son utilisation raisonnée est l’un des points très importants de la fertilisation biologique.

Mis à part le quatrième point, les agrobiologistes d’aujourd’hui suivent ces principes. Des cahiers des charges ont été élaborés, étudiés, mis au point et agréés pour cadrer la pratique de leur art et rassurer le consommateur par la mise en place organisée de contrôles et de certifications.

Jean-François Lemaire

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